Ciné-conférence

Ciné-conférence : Prévention et lutte contre l'exclusion

Le Cinéma au service du combat contre le SIDA


La lutte contre l'épidémie de Sida en Afrique passe notamment par la prévention et par le refus des exclusions dont sont souvent victimes les malades en raison des idées fausses, des préjugés et des peurs suscitées par une maladie transmissible dont les modes de transmission sont encore mal connus de la population.

 

La réticence à la prévention, pour des raisons multiples et complexes, est une des causes de la progression de l'épidémie. Par ailleurs l'exclusion des malades de la famille et de la société, phénomène toujours d'actualité, a des conséquences dramatiques sur le plan humain et constitue un frein à la mise en oeuvre, dans les meilleures conditions, des traitements médicaux.

journee-mondiale-lutte-sida-L-2Les plans de lutte contre le Sida comportent donc des volets étoffés visant à l'information et à la "sensibilisation" des populations sur la maladie, sur les modes de transmission et sur les moyens de prévention et de traitement.

 

Pour diffuser les messages, tous les médias, radios, télévisions, presse écrite, équipes spécialisées, sont mis à contribution. Le théâtre, amateur et professionnel, s'est largement et brillamment illustré dans cette entreprise.

 

 

Et le cinéma ? Participe-t-il à ces actions de "sensibilisation" ?

 

Il n'est pas resté à l'écart du mouvement et l'invitée d'honneur de VISIONS D'AFRIQUE 2012, Fanta Régina Nacro, occupe une place éminente parmi les cinéastes militants qui ont conçu et réalisé de nombreux films se donnant pour objectif de convaincre la population de la nécessité de la prévention et du renforcement de la solidarité vis-à-vis des malades.

 

Il nous a semblé opportun de mettre à profit la présence aux VISIONS D'AFRIQUE 2012 de Fanta Régina Nacro pour consacrer cette année la Ciné-conférence à ce sujet.

 

Il s'agit, à partir de la projection de courts métrages de la cinéaste de susciter, avec son active participation, réflexions et discussions sur le rôle tenu par le cinéma dans cette mobilisation, sur les caractères singuliers de ces productions cinématographiques, sur la manière dont ces films ont été reçus et appréciés, sur l'efficacité et les limites de cette action.

 

 

 

 

 

A ce débat, il nous a paru indispensable d'inviter des praticiens qui ont longuement travaillé sur le terrain et se sont trouvés confrontés aux questions posées par la prévention et l'exclusion.

Marie-Christine Samba et Sié Dionou ont accepté cette invitation.

 

marie-christine-sambaMarie-Christine Samba

D'origine française, Marie-Christine Samba fait ses études de médecine à Lyon. Elle exerce au Congo, de 1977 à 1997, dans le service des Maladies Infectieuses du Centre Hospitalier de Makelekele à Brazzaville. Témoin de l'émergence de l'infection au VIH, elle participe à la mise en place du PNLS (Programme National de Lutte contre le SiDA) au Congo. De 2002 à 2004, elle exerce dans l'association Action Contre Le SIDA (ACS) à Lomé au Togo.

Actuellement, elle travaille à mi-temps en santé scolaire et à mi-temps au Centre hospitalier de la Pitié-Salpêtrière à Paris dans le service de médecine interne du Pr Herson. Elle y fait des consultations de dépistage et de suivi pour l'infection VIH, les hépatites et des consultations de médecine générale pour des personnes immigrées.

 

sie-dionou2Sié Dionou

De nationalité burkinabé, Sié Dionou a fait ses études au Burkina (Ecole Nationale de Santé Publique de Bobodioulasso 1993-1996, Université de Ouagadougou) puis à Paris, aux Universités Paris 8 et Paris 13 (maîtrise, master en santé publique en 2009-2010).

Il a débuté ses activités au Burkina, d'abord en milieu rural puis au centre hospitalier de Tenkodogo dans le Sud-est du pays( 1997-2000) et, de 2000 à 2007, au centre de Traitement Ambulatoire(CTA) de Ouagadougou avec la Croix Rouge française.

Il exerce en Île de France, depuis 2008 comme Médiateur Pédagogue dans plusieurs hôpitaux parisiens, notamment à La Pitié-Salpêtrière, à Saint-Antoine, à Tenon, à Trousseau...

 

Tous deux nous feront part de leurs expériences et des réactions et réflexions suscités par les films de Fanta Régina Nacro.

 

repartition-nouveaux-infectes-SIDA-2008

 

« En tant qu'Africaine, je me sens particulièrement concernée par le sida. J'ai voulu mettre le formidable moyen de communication dont je dispose, le cinéma, au service de la prévention. Connaissant la mentalité de mes compatriotes, je ne pouvais pas leur dire, sur un ton pathétique et autoritaire : « Mettez une capote ! ». Tout le poids de la tradition me serait tombé sur le dos. J'ai emprunté un chemin de traverse en abordant la prévention du sida par l'humour, en ironisant au passage sur le machisme. J'ai choisi l'humour pour parler d'un sujet aussi angoissant. Par le rire, on combat plus efficacement les préjugés. » Fanta Régina Nacro