Cinéconférence

CinéControverse : Le paysan africain face à la mondialisation : Le cas du coton



Transport-à-partir-du-champL'Afrique éprouve des difficultés avec une mondialisation qui la soumet à de rudes épreuves, surtout lorsque ses concurrents s'affranchissent des règles qui président « normalement » au fonctionnement des marchés.

A cet égard, de nombreux économiste et écrivains (cas d'Eric Orsenna en 2006 avec « Voyage au pays du coton. Petit précis de mondialisation ») ont pris le coton comme symbole des risques que fait courir à la paysannerie africaine des pays de savanes une libéralisation des marchés mise au service des riches et des puissants. Certains en tirent argument pour dénoncer un système agricole qui accorderait trop de place aux cultures commerciales destinées au marché extérieur, et aux pratiques agricoles qui les accompagnent, au détriment des productions vivrières orientées vers le marché local et régional.

Ces questions sont décisives pour l'avenir des paysans africains, et des Etats (Une douzaine dont le Mali, le Burkina, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Cameroun et le Tchad ), qui tirent de la vente du coton une part notable de leurs ressources.

Il nous a donc semblé opportun d'aborder ce sujet, essentiel pour l'avenir de l'Afrique, et de le faire en utilisant l'image et le témoignage des cinéastes qui ont pris ce thème comme sujet de leur film.

L'analyse et les débats s'organiseront donc en deux séquences successives de 2 heures environ centrées sur deux documentaires consacrés au sujet, « La Guerre des Cotons » de Jean Michel Rodrigo (2005) et « Noir Coton » tourné au Burkina Faso en 2009 par Julien Després et Jérôme Polidor. Ils donnent une vision complémentaire du sujet.

« La Guerre du Coton » place vigoureusement la question dans le cadre large de la mondialisation qu'il cherche à décrypter, le paysan africain étant pris en étau entre l'agriculture américaine subventionnée et un marché chinois qui tend à dicter ses lois au reste du monde. Le second documentaire traite plus précisément des problèmes des paysans cotonniers du Burkina Faso, leur donne la parole et s'interroge, avec des responsables agricoles locaux et nationaux, sur les orientations à donner, pour l'avenir, aux productions paysannes. Faut-il abandonner le coton ? Faut-il abandonner les cultures commerciales destinées à l'exportation ?

Photo-ASLes deux volets seront présentées et animées par Alfred Schwartz, sociologue de l'Institut de Recherche sur le Développement (Directeur de Recherches Emérite, spécialiste notamment du Burkina et de la Côte d'Ivoire) et Christian Bouquet, Professeur de Géographie, Vice-Président délégué aux relations internationales à l'Université Bordeaux III, lui aussi spécialiste de l'Afrique où il a passé plus de 30 ans (comme enseignant et conseiller de coopération).

 

Cheick Oumar Sissoko, le cinéaste malien invité d'honneur de cette 2° session de VISIONS D'AFRIQUE a fait connaître son intérêt pour le thème et apportera le point de vue d'un ancien Ministre malien de la Culture. D'autres spécialistes de ces questions ont été sollicités, dont on attend les réponses. Il n'est pas exclu par ailleurs que nous demandions à l'un des auteurs des documentaires de venir en parler et de contribuer aux discussions.

 

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Réactions

  • Faudra-t-il toujours marteler ce message de tolérance? La Genèse comme Guimba montrent la richesse de l'héritage culturel et humain dans laquelle l'Afrique doit puiser pour assurer la paix civile et l'entente entre les hommes. La question des rapports entre les hommes est déterminante pour la construction d'un pays et cette richesse ethnique est souvent ignorée. Ma crainte est qu'à l'avenir, ce respect de l'autre se perde au profit de conflits ethniques violents. Le Mali a ignoré ce genre de problèmes durant très longtemps. Vouloir parler des questions d'urgence amène à chercher un texte où chacun puisse se reconnaître. Quel texte était mieux adapté que La Genèse qui fait partie des traditions chrétienne, judaïque et islamique ? Les conflits de clans, entre sédentaires et nomades, entre agriculteurs et éleveurs sont quotidiens. Le texte ancien nous livre une piste de résolution des conflits.

    Cheick Oumar Sissoko (Interview par Olivier Barlet sur "La Genèse" 01-05-1999)