Films 2010

Films de la première édition 2010


WEND KUUNI (Le don de dieu) - de Gaston Kaboré

BUUD YAMM - de Gaston Kaboré

ZAN BOKO - de Gaston Kaboré

RABI - de Gaston Kaboré

TOUKI-BOUKI (Le Voyage de la hyène) - de Djibril Diop Mambety

TEZA - de  Haile Gerima

IL VA PLEUVOIR SUR CONAKRY - de Cheick Fantamady Camara

L'HOMME QUI CRIE - de Mahamat Saleh Haroun

UN TRANSPORT EN COMMUN - de Dyana Gaye


Les quatre longs métrages de Gaston Kaboré |  5 films, 5 visions d'Afrique

 

Les quatre longs métrages de Gaston Kaboré

 


 

wend kuuni buud yam zan-boko rabi

 


 

wend kuuni buud yam

WEND KUUNI (Le don de dieu)

70 min - couleur - 1982

BUUD YAMM

95min - couleur - 1997

 

Ces deux films retracent les aventures et le destin d'un enfant muet trouvé en brousse par un colporteur et qui est confié à une famille de tisserand du village.

Il est surnommé Wend Kuuni, le don de Dieu. Il se lie d'amitié avec la fille de ses parents adoptifs, Pughneere. A la suite d'un évènement tragique il retrouve la parole et peut alors raconter sa triste histoire.

15 ans plus tard, dans Buud Yam, Wend Kuuni est devenu un jeune homme d'une vinqtaine d'années. Sa sœur Pughneere est malade. Les villageois accusent Wend Kuuni d'être la cause de cette maladie qui ne pourra être guérie que par « l'herbe du lion ».

Wend Kuuni part à la recherche du guérisseur qui dispose de l'herbe. Il parcourt toutes les régions du pays et affronte toutes sortes de dangers pour trouver le médicament qui sauvera Pughneere.

 

zan-bokoZAN BOKO

95 min - couleur -1988

Le village de Tinga, en pays mossi, continue de vivre à son rythme traditionnel malgré la présence proche de la grande ville. Bientôt, des géomètres tracent un lotissement et peu à peu les villas cernent le village. Agriculteurs et éleveurs tentent de résister à cette invasion par la ville de leur territoire de vie et de travail, avec l’appui d’un journaliste mais le combat est inégal.





rabiRABI

60 min - couleur - 1992

Agé de 10 ans, Rabi vit avec ses parents au village. Son père lui demande d'apporter son aide à Pugsa, vieux sage, ami de la famille.

Son père lui donne une tortue qu'il a heurtée avec son vélo. Rabi, passionné par la tortue, néglige son travail d'apprenti forgeron. Son père, en colère, reprend la tortue et la ramène en brousse.

Sensible au chagrin de Rabi, le vieux Pugsa l'emmène sur la colline chercher une très grosse tortue que Rabi transporte au village et tente de transformer en animal domestique.

Moqué par ses amis et, après un affreux cauchemar, Rabi ramène la tortue sur la colline et lui rend sa liberté, après une longue conversation avec elle.



5 films, 5 visions d'Afrique


Les quatre longs métrages de Gaston Kaboré |  5 films, 5 visions d'Afrique



Touki Bouki AFFICHE-TEZA il-va-pleuvoir-sur-conakry un-homme-qui-crie affiche-un-transport-en-commun


 

Touki BoukiTOUKI-BOUKI (Le Voyage de la hyène)

Réalisé par Djibril Diop Mambety

Avec : Magaye Niang (Mory) Mareme Niang (Anta) Aminata Fall (Tante Oumy) Ousseynou Diop(Charlie)

Sénégal. Genre : Comédie dramatique

Durée : 01h35min. Année de production : 1973

Mory, jeune berger un peu marginal, et Anta son amoureuse, étudiante provocante, viennent de partir pour Paris. Pour réaliser leur rêve, il ne leur manque que l'argent du voyage. Mory décide de se le procurer par des moyens peu orthodoxes.

Touki- Bouki, premier long-métrage de Djibril Diop Mambety, est un hymne à la jeunesse. Débordant d'énergie, c'est un film qui mord dans la vie à belles dents comme ses personnages, rebelles et insatisfaits, à la recherche d'un ailleurs forcément synonyme de vérité et de bonheur. Le film lui-même, sorti en 1973, marque un tournant, voire une rupture dans le panorama du cinéma africain de l'époque. Avec Touki- Bouki, D.D. Mambety apporte la preuve que les films africains ne doivent pas nécessairement être des "films de calebasses".C'est ainsi qu'on appelait à l'époque ces films nostalgiques d'un mythique âge d'or de l'Afrique d'avant la colonisation ...qui n'avait bien sûr probablement jamais existé. Avec Touki- Bouki, Mambety propulse le cinéma africain dans la modernité. Modernité de la mise en scène et du montage. Mambety rompt avec la linéarité traditionnelle du récit pour imprimer à son film un rythme que certains qualifieront de chaotique ou d'irrationnel. Mais nous sommes dans la danse de la vie avec ses contradictions, ses soubresauts et surtout ses rêves. Car nous sommes ici avant tout dans le rêve de l'ailleurs. Et l'ailleurs commence à notre porte.

Josiane Scoleri - 7ème festival de Cinéma sans Frontières 2009

 

AFFICHE-TEZATEZA

Réalisé par Haile Gerima

Avec Aaron Arefe, Abeye Tedla, Takelech Beyene

Ethiopie. Genre : Drame

Durée : 02h20min Année de production : 2008

Au début des années 70, Anberber quitte son village de Minzero, en Éthiopie, pour suivre des études de médecine en Allemagne de l'Est. Il n'est plus du tout le même lorsqu'il revient dans son pays en 1990, alors confronté aux ultimes soubresauts de la sanglante dictature du colonel Mengistu.

Souvenirs intimes et analyse politique se mêlent dans cette chronique amère de la révolution qui renversa le Négus.   Le dixième film d'Hailé Gerima, qui a longtemps porté le lourd fardeau d'incarner, à lui seul, le cinéma éthiopien et qui n'avait pas tourné depuis dix ans, témoigne d'une ambition et d'une ampleur impressionnantes. Il s'agit de suivre, à travers le parcours d'un individu, trente ans d'une histoire qui n'est pas seulement celle de l'Ethiopie moderne ou de la diaspora africaine mais d'une transformation profonde, anthropologique, une mutation dont on a le sentiment qu'elle est plus générale que cela, qu'elle dépasse celle d'un continent meurtri.

Jean-François Rauger – Le Monde du 28 Avril 2010

 

 

il-va-pleuvoir-sur-conakryIL VA PLEUVOIR SUR CONAKRY

Réalisé par Cheick Fantamady Camara

Avec Alexandre Ogou, Moussa Keita, Tella Kpomahou

Guinée. Genre : Drame

Durée : 01h53min. Année de production : 2006

Bangali, alias BB, est caricaturiste dans un quotidien à Conakry, la capitale guinéenne, à l'insu de son père Karamo, imam respecté de la ville. Sa relation avec Kesso, une informaticienne, est vue d'un très mauvais œil par sa famille qui compte sur lui pour reprendre la charge spirituelle qui pèse sur sa lignée. Partagé entre sa fidélité aux traditions familiales et le désir de vivre son amour, BB s'engage dans un combat semé d'embûches. Le climat sociopolitique délétère ne lui facilite pas la tâche. Les chefs religieux sont utilisés comme le bras armé d'un pouvoir corrompu et corrupteur.

La dernière œuvre de Cheick Fantamady Camara séduit par sa retranscription du malaise de nombreux jeunes Africains perdus au carrefour de la tradition et de la modernité. Le réalisateur guinéen raconte l'aventure toujours ambigüe d'une jeunesse tiraillée qui doit souvent son salut à l'art, sinon à la musique. Elle tient une place prépondérante dans cette fiction au travers d'une très belle bande originale. On y découvre un pays, des hommes et des femmes qui essaient, tant bien que mal, de se mettre au diapason d'un monde en mutation, tout en tentant d'assumer leur identité d'Africain et les nombreuses contradictions qu'elle suppose. Tourné en 2005, Il va pleuvoir sur Conakry a été diffusé pour la première fois en janvier 2007 à Paris. Depuis, il a fait le tour du monde en passant par le Fespaco où il a été salué par le Prix du public RFI. Le film a reçu la semaine dernière son 11e prix au festival Vues d'Afrique qui s'est tenu au Canada.

Falila Gbadamassi – Afrik.com le 30 avril 2010

 

un-homme-qui-crieL'HOMME QUI CRIE

Réalisé par Mahamat Saleh Haroun

Avec Youssouf Djaoro, Diouc Koma, Emile Abossolo M'Bo

France. Genre : Guerre , Drame

Durée : 01h32min. Année de production : 2010

Le Tchad de nos jours. Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maître nageur de la piscine d'un hôtel de luxe à N'Djamena. Lors du rachat de l'hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel. Il vit très mal cette situation qu'il considère comme une déchéance sociale. Le pays est en proie à la guerre civile et les rebelles armés menacent le pouvoir. Le gouvernement, en réaction, fait appel à la population pour un "effort de guerre" exigeant d'eux argent ou enfant en âge de combattre les assaillants. Adam est ainsi harcelé par son Chef de Quartier pour sa contribution. Mais Adam n'a pas d'argent, il n'a que son fils...

Un homme qui crie n'est pas un film sur la guerre, mais sur ceux qui la subissent, qui ont le sentiment que leur propre destin leur échappe... J'en sais quelque chose, moi qui suis un rescapé de la guerre civile au Tchad. En 1980, j'ai été grièvement blessé... J'ai dû quitter mon pays sur une brouette pour rejoindre le Cameroun voisin... Vingt-six ans plus tard, le 13 avril 2006, alors que je tournais mon film Daratt, des rebelles sont entrés à N'djaména. Les combats à l'arme lourde ont duré six heures : 300 morts. En février 2008, rebelote: les rebelles sont entrés à nouveau à N'djaména et j'étais en train de tourner un court métrage Expectations: trois jours de combat et des centaines de morts. Autant dire que la guerre est prégnante au Tchad. Cette violence endémique a causé un traumatisme profond de la population...

Mahamat Saleh Haroun

 

affiche-un-transport-en-communUN TRANSPORT EN COMMUN

Réalisé par Dyana Gaye

Avec Umban Gomez de Kset, Mbègne Kassé, Anne Jeanine Barboza

Sénégal. Genre : Drame

Durée : 00h48min Année de production : 2009

Dakar, Sénégal. C'est la fin de l'été.

Le temps d'un voyage de Dakar à Saint-Louis, les passagers d'un taxi-brousse croisent leurs destins et se racontent en chansons.

Ce film livre une vision du Sénégal réaliste mais décalée. Les pas de danse et les paroles ne sont pas sans rappeler les comédies musicales de Broadway. Le mélange des genres est clairement revendiqué. Rock, jazz, blues et même un « sole mio  italien » se mêlent ainsi aux rythmes des percussions africaines. Un mixte inédit mais auquel on finit par adhérer. Les chansons du film ont toutes été écrites par la réalisatrice, Dyana Gaye et sont interprétées par Le Surnatural Orchestra. Le film est déjà lauréat de plusieurs prix : Prix spécial du jury, prix Fipresci et prix des droits de l'homme au Festival du film de Dubaï ainsi que le prix de la meilleure bande originale et le palmier d'or au Festival de Valencia.

Marie-Ameline Barbier - sélection MusicaAfrica du Festival PanAfrica 2010, Montréal

Réactions

  • La leçon de ces premières rencontres semble claire : il est possible d'intéresser aux cinémas d'Afrique, et plus largement aux cultures africaines, un public français curieux de découvertes cinématographiques, d'histoire, de géographie et de politique africaines, en l'occurrence le public du Pays Marennes Oléron et de la région. Il serait certes présomptueux de considérer qu'un objectif a été atteint. Disons plus simplement que VISIONS D'AFRIQUE paraît en mesure de contribuer à cette sensibilisation aux autres mondes et aux autres civilisations, ici le continent africain et les cultures de ce vaste espace géographique, qui facilite la compréhension entre les hommes .à partir d'une meilleure connaissance de leurs cultures.

    Gérard La Cognata
  • « Afrik.com : Que recherchez-vous en faisant du cinéma ? Gaston Kaboré : J'essaye de savoir qui je suis. On est en quête de soi-même en tant que réalisateur. J'espère que ma quête rejoint celle de mon pays, de ma société, de mon continent. C'est réellement cela qui me motive parce que je pense que l'Afrique pour des tas de raisons historiques a été tue à elle-même. Elle a été niée dans son regard. Et l'une des fonctions du cinéma, en tout cas de celui que j'essaye de faire, est d'opérer une repossession de soi, une réappropriation et de la faculté de pouvoir requestionner son imaginaire. On est le premier bénéficiaire de ces questions. C'est comme si on allait chercher un carburant pour faire face à son passé et à son avenir et pour se projeter dans le futur »

    Gaston Kaboré - par Eloîse Fagard AFRIK COM 10-12-2007