Présentation

LES PREMIERES RENCONTRES CINEMATOGRAPHIQUES DU PAYS MARENNES OLERON VISIONS D'AFRIQUE 2010

 

Les rencontres cinématographiques VISIONS D'AFRIQUE auront lieu du 24 au 30 novembre 2010. Elles ont pour objectif de faire connaître aux habitants du Pays Marennes Oléron et aux amateurs de cinéma de la région les réalisations de cinéastes du continent africain.

Ce cinéma n'a cessé de gagner en diversité et en originalité, en dépit des conditions matérielles difficiles dans lesquelles travaillent et produisent les réalisateurs. L'ambition des deux associations L.O.C.A.L et AFRIQUES EN SCENE qui se sont unis pour mener à bien ce projet de semaine du cinéma africain dans le Pays Marennes Oléron est de contribuer à élargir le cercle des spectateurs et des amateurs du cinéma d'Afrique.

Ce cinéma nous apporte du neuf, une façon singulière d'appréhender le monde et le temps, une manière propre, souvent inspirée par la tradition, de conter des histoires . Les 9 longs métrages qui seront projetés (dont 4 films de Gaston Kaboré) mettront ainsi les spectateurs en prise directe avec cet autre univers culturel et leur feront découvrir une autre manière de concevoir et d'utiliser les images.

 

gaston-kabore2VISIONS D'AFRIQUE a choisi d'aborder ce continent cinématographique en privilégiant une approche « humaniste », en confrontant les spectateurs à un réalisateur confirmé et à son œuvre Cette année il s'agit de Gaston Kaborè, cinéaste burkinabé réputé, un des maîtres de ce cinéma, qui présentera quatre de ses longs métrages. Gaston Kaboré aura aussi l'occasion, au cours d'une leçon de cinéma, de parler de son métier et de ses films.

 

VISIONS D'AFRIQUE a aussi une préoccupation majeure : montrer la réalité actuelle et variée de ce cinéma, mettre en évidence ses nouveautés et ses promesses d'avenir.

Les 5 autres longs métrages présentés pendant la semaine, "Touki Bouki" de Djibril Diop Mambéty, "Téza" du cinéaste éthiopien Hailé Gerima, "Il va pleuvoir sur Conakry" de Cheick Fantamady Camara, "L'homme qui crie" du Tchadien Mahamat Saleh Haroun et "Un transport en commun" de Dyana Gaye ont été retenus parce qu'ils constituent un bon échantillon de la richesse du cinéma africain actuel, cinq visions d'Afrique

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« Un transport en commun » figure parmi ces films. Il s'agit de l'œuvre originale, une comédie musicale, d'une jeune cinéaste franco-sénégalaise Dyana Gaye, qui sera présente à l'Eldorado et à l'Estran pour parler de son travail et de son film.

 

Catherine Ruelle, journaliste à Radio France International, spécialiste du cinéma africain sera là pour présenter les films et animer les discussions.

 

Enfin, en cette année 2010 qui voit 14 pays francophones célébrer le cinquantenaire de leur indépendance, il nous a paru intéressant de proposer une introduction politique à VISIONS D'AFRIQUE. Nous avons demandé à un universitaire spécialiste de l'Afrique, en l'occurrence Christian Bouquet, professeur de géopolitique à l'université Montaigne à Bordeaux, de nous entretenir de cette célébration et de nous proposer son point de vue sur la signification de cet événement.

 

 

Réactions

  • «Touki Bouki est arrivé à un moment de crise très violente dans ma vie. J'ai voulu faire exploser beaucoup de choses. Peut-être parce que j'en voulais à la physionomie du cinéma africain, qui m'exaspère parce qu'à mon sens trop facile. Je ne dis pas sur un plan idéologique, mais sur le plan de la forme... Je pense que le cinéma africain a une révolution à faire au niveau de la forme et qu'il est temps de commencer! Notre problème au départ était quantitatif : tourner beaucoup de films. Maintenant il nous faut participer à la réinvention mondiale du cinéma et c'est en proposant des formes nouvelles que nous y arriverons»

    Djibril Diop Mambety
  • « Afrik.com : Que recherchez-vous en faisant du cinéma ? Gaston Kaboré : J'essaye de savoir qui je suis. On est en quête de soi-même en tant que réalisateur. J'espère que ma quête rejoint celle de mon pays, de ma société, de mon continent. C'est réellement cela qui me motive parce que je pense que l'Afrique pour des tas de raisons historiques a été tue à elle-même. Elle a été niée dans son regard. Et l'une des fonctions du cinéma, en tout cas de celui que j'essaye de faire, est d'opérer une repossession de soi, une réappropriation et de la faculté de pouvoir requestionner son imaginaire. On est le premier bénéficiaire de ces questions. C'est comme si on allait chercher un carburant pour faire face à son passé et à son avenir et pour se projeter dans le futur »

    Gaston Kaboré - par Eloîse Fagard AFRIK COM 10-12-2007